Octobre Rose : le chirurgien-dentiste, acteur du parcours de soins du cancer du sein

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Pourquoi parler de santé bucco-dentaire pour Octobre Rose ?

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en France, avec près de 61 000 nouveaux cas par an. Chaque cabinet dentaire suit donc, sans toujours le savoir, des patientes en cours de traitement ou en rémission.

La chimiothérapie ou encore la radiothérapie ont des répercussions directes sur la bouche. Le chirurgien-dentiste a un rôle de prévention et d'accompagnement à chaque étape.

Octobre Rose est l'occasion de rappeler ce rôle, et de faire du cabinet un relais du dépistage.

Les effets des traitements

Chaque traitement du cancer du sein peut fragiliser la bouche, parfois longtemps après la fin des soins. Les connaître permet d'anticiper les soins et d'adapter le suivi. Voici les effets secondaires les plus importants à surveiller :

  • Mucite buccale : inflammation et ulcérations douloureuses de la muqueuse. C'est l'effet le plus fréquent sous chimiothérapie. Elle gêne l'alimentation et le brossage.
  • Xérostomie (sécheresse buccale) : la salive diminue, ce qui augmente fortement le risque de caries, surtout au collet et sur les racines.
  • Infections buccales : mycose, herpès, infections bactériennes. Elles sont favorisées par la baisse des défenses immunitaires.
  • Autres effets fréquents : saignements, inflammation, troubles du goût, hypersensibilité dentaire et douleurs.

Avant, pendant et après les traitements : le rôle du cabinet

Le suivi bucco-dentaire d'une patiente atteinte du cancer du sein se joue en trois temps. À chaque étape, il se construit en lien avec l'équipe d'oncologie.

Avant le traitement : assainir la bouche

Une bouche saine au départ, c'est moins de complications pendant les traitements.

  • L'objectif : éliminer tout foyer infectieux avant la chimiothérapie ou un traitement osseux.
  • Au cabinet : soigner  tout foyer infectieux, réaliser les extractions assez tôt pour laisser cicatriser, et assainir les gencives par un détartrage.
  • Le conseil : organiser ce rendez-vous le plus tôt possible, en lien avec l'oncologue.

Pendant le traitement : prévenir et soulager

La priorité est le confort de la patiente.

  • L'objectif : limiter les mucites, les infections et les douleurs.
  • Au cabinet : reporter les soins invasifs non urgents ; tout acte se décide avec l'oncologue.
  • Le conseil : brosse à dents extra-souple, dentifrice fluoré doux, bains de bouche au bircarbonate sans alcool, boire souvent, nettoyer les prothèses chaque jour et consulter vite en cas de douleur ou de saignement.

Après le traitement : garder un suivi régulier

La fin des traitements ne signe pas la fin de la vigilance.

  • L'objectif : surveiller la sécheresse buccale, la fragilité des gencives et le risque osseux, qui peuvent persister plusieurs années.
  • Au cabinet : un contrôle tous les 3 à 6 mois pour repérer tôt les caries et les problèmes de gencives.
  • Le conseil : garder les bons réflexes d'hygiène et signaler tout traitement osseux, en cours ou passé, avant un soin.

En octobre, faites du cabinet un relais de prévention

Le chirurgien-dentiste voit ses patientes régulièrement. C'est une position idéale pour relayer le message d'Octobre Rose. 

Quelques actions simples à mettre en place : 

  • Afficher en salle d'attente une information sur le dépistage organisé, proposé tous les 2 ans aux femmes de 50 à 74 ans.
  • Ajouter une question sur les traitements anticancéreux et anti-résorptifs dans le questionnaire médical.
  • Préparer une fiche conseils « bouche et chimiothérapie » à remettre aux patientes concernées.
  • Identifier un oncologue ou un service référent pour faciliter la coordination.

Prévenir, accompagner, orienter : en octobre comme toute l'année, la santé bucco-dentaire fait partie du parcours de soins.